Vos scores seedlist chutent chez Outlook alors que Gmail Postmaster Tools reste au vert : Microsoft SNDS (Smart Network Data Services) explique l’écart IP par IP. Le portail gratuit de Microsoft affiche, pour chaque adresse émettrice, le verdict du filtre anti-spam et le complaint rate sur 90 jours, à côté du nombre de destinataires atteints. L’information utile apparaît quand on croise deux colonnes.
Que contient Microsoft SNDS et sur quelle durée ?
Un tableau par adresse IP. La FAQ officielle du portail décrit les colonnes : période d’activité calée sur la journée du Pacifique, commandes RCPT, commandes DATA, message recipients, filter result, complaint rate, plus une colonne de commentaires qui regroupe les compteurs JMRP et les alertes de virus ou de proxy ouvert (FAQ SNDS, Microsoft). L’agrégation tourne chaque jour vers minuit, heure du Pacifique, puis prend quelques heures. Les données restent consultables 90 jours.
Deux précautions de lecture. Une IP peut être l’adresse publique d’un NAT derrière lequel travaillent plusieurs MTA ; le chiffre agrège alors toutes les machines. Et sous 100 messages par jour, Microsoft indique que les données de courrier et de spam peuvent manquer.
Le portail actuel a remplacé l’ancien site sendersupport.olc.protection.outlook.com/snds, ce qui peut casser d’anciens scripts de collecte.
Activer l’accès à son IP
- Listez les adresses IP publiques qui émettent votre trafic ; auprès d’un prestataire d’envoi, demandez-les-lui.
- Connectez-vous au portail SNDS avec un compte Microsoft et demandez l’accès à une IP ou à une plage.
- Validez la propriété avec l’adresse d’autorisation que Microsoft propose pour cette plage.
- Notez l’échéance : l’accès expire 10 mois après l’approbation, avec une réattestation périodique.
Mettez la date d’expiration dans un calendrier partagé, avant que l’accès ne tombe.
Lire l’écart entre RCPT commands et message recipients
Prenons une IP qui présente 50 000 commandes RCPT au serveur d’Outlook et dont 44 000 destinataires apparaissent ensuite dans la colonne message recipients (calcul d’illustration, aucune mesure réelle). Les 6 000 adresses manquantes ont été refusées dès l’enveloppe, typiquement par un 550 5.1.1 user unknown. Cela représente 12 % du volume présenté.
La FAQ de Microsoft fournit le repère : plus d’un tiers des IP gardent sous 10 % la part de RCPT qui ne devient pas un destinataire livré. Un écart de quelques pour cent est normal. Au-delà, la FAQ évoque des listes de destinataires périmées ou de l’exploration d’espace de noms (namespace mining), soit des envois vers des adresses devinées plutôt que collectées.
C’est la colonne la plus proche d’un bounce rate qu’Outlook expose à l’expéditeur. Elle se lit avant le filter result, parce qu’elle révèle une hygiène de liste défaillante que le filtre sanctionnera ensuite. Une base de 200 000 contacts dont 8 % d’adresses mortes présenterait cette signature : 16 000 RCPT sans destinataire en face.
Le diagnostic reste dans les logs du MTA : isoler les 550 5.1.1 de la semaine et les rapprocher des segments d’origine, pour voir si les adresses fautives datent d’un import ancien.
Vert, jaune, rouge
Chaque destinataire compte pour un verdict ; un message adressé à 10 personnes pèse 10 fois. Vert : moins de 10 % de verdicts spam. Jaune : de 10 à 90 %. Rouge : plus de 90 % (FAQ SNDS).
Un vert ne garantit pas l’inbox. GlockApps le souligne dans son guide SNDS : le filter result mesure le filtrage seul ; la boîte de réception finale dépend aussi des règles de chaque utilisateur.
Complaint rate à 140 % : un décalage de calendrier
Cas typique : une grosse campagne le vendredi, un envoi de 2 000 messages le lundi ; la colonne affiche 140 %. La FAQ explique que les plaintes sont rapportées le jour où elles arrivent alors que le dénominateur est le volume du jour ; le taux peut donc dépasser 100 %.
Microsoft cite en repère que plus de 30 % des IP restent sous 0,3 %. Lisez la tendance sur plusieurs jours plutôt que la valeur d’une seule.
Pour savoir qui s’est plaint, il faut inscrire l’IP à la JMRP (Junk Email Reporting Program), la FBL d’Outlook, depuis le portail. GlockApps conseille de rapprocher chaque rapport de sa campagne et de placer les plaignants identifiables en Suppression List, puis de vérifier que la suppression atteint toutes les plateformes d’envoi. Deux outils d’envoi avec deux listes distinctes suffisent à re-solliciter un plaignant dès le lendemain.
Chaque symptôme appelle une première action
Un écart RCPT supérieur à 10 %, un filter result jaune ou rouge et un complaint rate au-dessus de 0,3 % appellent chacun une action précise. Les repères chiffrés viennent de la FAQ citée plus haut.
| Signal dans SNDS | Lecture | Première action |
|---|---|---|
| Écart RCPT / recipients supérieur à 10 % | Listes périmées ou adresses devinées | Vérifier la liste avant l’envoi et retirer les 550 5.1.1 |
| Filter result jaune (10 à 90 % de spam) | Une part des verdicts bascule en Junk | Réduire le volume, isoler les segments les moins engagés, comparer à la seedlist |
| Filter result rouge (plus de 90 %) | Quasi tous les verdicts sont spam | Suspendre l’envoi depuis cette IP et auditer authentification et plaintes |
| Complaint rate au-dessus de 0,3 % sur plusieurs jours | Au-dessus du repère cité par Microsoft | Activer la JMRP et alimenter la Suppression List |
| Aucune ligne pour l’IP | Moins de 100 messages dans la journée | Ne pas lire l’absence comme un vert ; s’appuyer sur la seedlist |
Que faire quand Outlook bloque l’IP ?
Lisez d’abord le code du rejet. Un 550 5.7.606 à 5.7.649 (banned sending IP) se traite sur le portail de délistage sender.office.com ; un 550 5.7.511 exige d’écrire à [email protected] avec le code complet et l’adresse IP.
D’après la documentation Microsoft Defender for Office 365, le portail accepte une adresse e-mail et une IP par demande. La levée peut prendre 24 heures ou plus. Pour un 5.7.511, Microsoft annonce une réponse sous 48 heures. Ces procédures visent les destinataires Microsoft 365 ; les boîtes grand public Outlook.com passent par un formulaire de support distinct. Une IP dont le trafic reste abusif peut être bloquée de nouveau : corrigez d’abord la cause (liste périmée, plaintes) avant de redemander.
Ce que SNDS ne voit pas
SNDS lit des IP. Le rejet 550 5.7.515 d’Outlook vise, lui, un domaine d’envoi dont SPF, DKIM et DMARC (au minimum p=none) ne passent pas, pour des volumes de 5 000 messages par jour ou plus, d’après une réponse publiée sur Microsoft Q&A en août 2025. La checklist de diagnostic SPF couvre la première moitié du contrôle.
Reste l’angle mort du faible volume : une IP qui envoie 80 messages par jour peut n’afficher aucune donnée, alors que sa réputation se construit quand même.
Ouvrez SNDS, relevez l’écart entre RCPT commands et message recipients sur la dernière semaine, puis passez un échantillon de 2 000 adresses de la liste dans un vérificateur avant le prochain envoi.




