Quel est le meilleur moment pour envoyer un email marketing ?

Un email envoyé au mauvais moment finit ignoré, même avec un objet soigné et un contenu pertinent. Les données collectées sur des milliards de campagnes par Omnisend, Brevo et Mailjet le confirment : le timing est une variable mesurable qui influence directement le taux d’ouverture, le taux de clics et les conversions. Mardi, mercredi et jeudi concentrent les meilleurs résultats sur la semaine. Le matin entre 8h et 11h et le soir autour de 20h forment les deux créneaux les plus productifs. Mais ces moyennes cachent des disparités selon le secteur, le type d’email et le comportement réel de chaque liste d’abonnés.

Quels jours de la semaine génèrent le plus d’ouvertures ?

Le mardi affiche le taux d’ouverture le plus élevé de la semaine à 11,36%, suivi du mercredi (11,33%) et du jeudi (11,29%), selon l’analyse d’Omnisend portant sur plusieurs centaines de millions d’envois. Le vendredi prend la tête sur le taux de clics (13,58%) et sur les conversions (5,35%). Le lundi reste le jour le moins performant sur les clics, les boîtes de réception étant saturées en début de semaine.

Le samedi et le dimanche méritent une lecture nuancée. En B2B, les envois du week-end génèrent peu d’engagement : les professionnels ne consultent pas leur messagerie professionnelle en dehors des heures de travail. En B2C, notamment pour l’e-commerce, le dimanche retrouve des scores proches du vendredi, avec un taux de clics de 13,57%. Une audience d’acheteurs en ligne navigue activement le dimanche soir, ce qui change radicalement l’équation.

Éviter le lundi pour des campagnes promotionnelles reste un conseil cohérent avec la réalité des boîtes mail : après un week-end, les abonnés traitent d’abord l’arriéré d’emails internes et professionnels avant d’ouvrir les newsletters ou offres commerciales.

À quelle heure envoyer ses campagnes ?

Les données d’Omnisend identifient trois créneaux horaires à fort potentiel : 8h (taux d’ouverture atteignant 59% sur les segments les plus engagés), 14h et 20h. Le soir entre 20h et 22h constitue une fenêtre souvent sous-exploitée par les marketeurs, précisément parce que la concurrence y est plus faible et que les abonnés consultent leur boîte personnelle dans un contexte de détente.

Le matin entre 5h et 6h donne également de bons résultats sur le taux de clics : l’email est présent en haut de la boîte de réception au moment où l’abonné commence sa journée. Ce créneau fonctionne particulièrement pour les newsletters B2B et les contenus informationnels, car les lecteurs prennent le temps de parcourir leurs emails avant de démarrer leur journée de travail.

75% des emails ouverts le sont pendant les heures de travail classiques (9h-18h), selon les données de Brevo. Deux pics se dégagent clairement : un pic matinal entre 9h et 11h et un pic post-déjeuner entre 13h et 15h. Ces fenêtres restent les plus sûres pour des envois B2B car elles correspondent aux habitudes de consultation de la messagerie professionnelle.

Comment le timing varie selon le type d’email ?

Les emails transactionnels (confirmations de commande, réinitialisations de mot de passe, reçus d’achat) s’envoient immédiatement après l’action déclenchante : leur taux d’ouverture dépasse 44% en moyenne car l’abonné les attend activement. Le délai est ici l’ennemi, pas la variable à optimiser.

Pour les emails de relance de panier abandonné, le timing change tout. Une étude de SaleCycle portant sur 200 marques établit une hiérarchie claire : un premier email envoyé 20 minutes après l’abandon génère un taux de conversion de 5,2%, contre 4,5% après 1 heure et 2,6% après 24 heures. La séquence en trois emails (20 minutes, J+1, J+3) produit en moyenne 69% de commandes supplémentaires par rapport à un envoi unique. Le taux d’ouverture moyen de ces relances atteint 44%, bien au-dessus des campagnes promotionnelles standard.

Pour les newsletters à fréquence régulière (hebdomadaires ou bimensuelles), la régularité prime sur l’optimisation horaire. Un abonné qui reçoit chaque mardi matin à 8h30 la newsletter d’une marque finit par anticiper et reconnaître l’envoi. Ce rendez-vous conditionné améliore le taux d’ouverture sur le long terme indépendamment du créneau choisi.

Les emails promotionnels ponctuels (soldes, lancements de produits, offres flash) gagnent à être envoyés le vendredi ou le dimanche soir, créneaux où les taux de conversion atteignent leur pic. Le 1er du mois affiche le meilleur taux de conversion de tous les jours calendaires (5,52% selon Omnisend), probablement parce que les acheteurs viennent d’être payés et se sentent plus enclins à dépenser.

Les benchmarks par secteur d’activité

Les moyennes sectorielles varient fortement et rendent les recommandations universelles peu fiables. Selon les données agrégées de Brevo et Klaviyo pour 2025, les entreprises françaises affichent un taux d’ouverture moyen de 33,9% toutes industries confondues, avec un taux de clic de 4,32%. Mais ces chiffres masquent des écarts significatifs entre secteurs.

Secteur Taux d’ouverture moyen Meilleur créneau Logique comportementale
Divertissement & médias 46,35% Vendredi soir / week-end Planification des sorties et loisirs
B2B / SaaS / Logiciels 22-28% Mardi-jeudi, 9h-11h Décision prise en heures de bureau
E-commerce / Retail 18-25% Mercredi 10h / Dimanche soir Navigation et achat en temps libre
Santé & Bien-être 30-35% Mardi-mercredi matin Habitudes quotidiennes matinales
Finance & Assurance 25-30% Mardi-jeudi, 10h-14h Décisions prises en semaine, avec temps de réflexion

Ces benchmarks servent de point de départ. Une marque e-commerce dont la majorité des abonnés sont des actifs urbains de 25-40 ans aura des comportements d’ouverture différents d’une boutique s’adressant aux retraités. L’analyse des données propres à chaque liste reste indispensable.

Mobile vs desktop : l’impact sur le moment d’envoi

60% des ouvertures d’emails se font aujourd’hui sur mobile, selon les données consolidées de MailerLite et Moosend pour 2025. Cette réalité change la lecture des créneaux : les ouvertures mobiles sont concentrées tôt le matin (réveil, trajet), pendant la pause déjeuner et le soir après 20h. Les ouvertures desktop restent majoritairement dans les heures de bureau (9h-18h) mais génèrent un taux de clic deux fois supérieur.

Un email promotionnel avec un appel à l’action fort (achat, inscription, téléchargement) a plus de chances de convertir s’il est ouvert sur desktop. Envoyer ce type de campagne le matin en semaine maximise les ouvertures mobiles mais les clics desktop arrivent souvent en différé dans la journée, quand l’abonné retrouve son ordinateur. Ce comportement d’ouverture mobile puis de conversion desktop explique pourquoi certains envois du matin affichent un délai de plusieurs heures entre ouverture et clic.

Pour les campagnes email optimisées mobile-first (newsletters visuelles, offres flash simples), les créneaux soirée (20h-22h) et week-end restent pertinents car l’abonné consulte son smartphone dans un contexte moins contraint et plus propice à l’engagement.

Tests A/B et segmentation : la voie vers l’optimisation réelle

Les statistiques sectorielles indiquent une direction, mais la segmentation comportementale et les tests A/B sur l’heure d’envoi sont les seuls outils capables de révéler le timing optimal d’une liste spécifique. La démarche consiste à diviser la liste en deux groupes équivalents, à envoyer la même campagne à deux horaires distincts (par exemple 8h vs 20h) et à mesurer le taux d’ouverture, le taux de clics et les conversions sur chaque segment.

Les plateformes comme Mailchimp, ActiveCampaign, Brevo et Klaviyo proposent des fonctions d’envoi optimisé basées sur l’historique de comportement de chaque abonné. Ces algorithmes d’automatisation email analysent les horaires d’ouverture passés de chaque contact pour déclencher l’envoi au moment statistiquement le plus favorable. Ce type de personnalisation par abonné produit généralement une hausse de 10 à 20% du taux d’ouverture par rapport aux envois manuels groupés.

La segmentation selon le fuseau horaire est également critique pour les listes internationales. Envoyer à 9h heure de Paris une campagne destinée à des abonnés américains et européens revient à envoyer en pleine nuit pour les uns. Les outils comme HubSpot et ActiveCampaign permettent de programmer des envois localisés par zone géographique, ce qui peut doubler les performances sur les segments hors fuseau horaire principal.

Au-delà du timing, la fréquence d’envoi conditionne la réceptivité : une liste sur-sollicitée (plus de 4 envois par mois sans contenu différencié) voit son taux d’ouverture baisser progressivement, quelle que soit l’heure d’envoi choisie. Le timing parfait ne compense pas la fatigue d’une liste mal gérée.

Ce que les données ne disent pas sur l’heure d’envoi

Les benchmarks de timing sont des probabilités, pas des certitudes. Un email envoyé le mardi à 9h avec un objet génériques et une segmentation approximative sera surpassé par un email du dimanche soir à 21h avec un objet personnalisé et une offre pertinente pour le segment ciblé. Le timing est une variable parmi d’autres : l’objet, la délivrabilité, la réputation d’envoi (sender score), la qualité de la segmentation et la pertinence du contenu ont chacun un poids au moins équivalent dans la performance finale d’une campagne.

Les données d’Omnisend montrent que le 1er du mois, considéré comme un jour banal du calendrier, affiche systématiquement les meilleurs taux de conversion. Ce type d’anomalie rappelle que le comportement des abonnés répond à des logiques financières, psychologiques et contextuelles que les modèles généraux ne capturent pas toujours. Observer ses propres données sur 6 à 12 mois reste le seul moyen d’identifier les patterns réels d’une audience.

La vraie question n’est pas « quel jour envoyer ? » mais « quand mon abonné est-il disponible et réceptif à ce que j’ai à lui dire ? » : c’est ce décalage entre message et moment qui construit ou détruit la performance d’un programme email sur la durée.

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