Le mardi à 10h. C’est la réponse que tout le monde donne. C’est aussi le créneau où votre email se noie dans 47 autres.
Le conseil a circulé tellement longtemps qu’il est devenu une évidence. Et comme toute évidence, il est en train de vous coûter des conversions.
Pourquoi le « mardi 10h » est devenu un piège
Ce créneau était efficace quand peu de marques l’utilisaient. Aujourd’hui, c’est le moment où la compétition pour l’attention est maximale.
Les conseils génériques deviennent auto-destructeurs dès que tout le monde les applique. Si votre concurrent envoie au même moment que vous, vous ne vous battez plus pour l’attention de votre lecteur. Vous vous battez contre lui.
Selon les données Omnisend analysées sur des millions d’envois en 2025, le vrai pic d’ouverture n’est pas à 10h du matin. Il est à 20h, avec un taux d’ouverture moyen de 59 %. Pas en pleine journée. Le soir, quand les gens ont du temps.
L’erreur que font 90 % des équipes marketing
Elles optimisent pour une seule métrique. Souvent le taux d’ouverture. Parfois le taux de clic. Rarement la conversion réelle.
Or l’email marketing n’a pas un seul objectif. Il en a plusieurs distincts. Et chacun répond à un moment différent.
Si vous confondez ces objectifs, vous optimisez dans le vide.
Trois objectifs, trois créneaux différents
Les données Omnisend permettent de décomposer le problème.
| Objectif | Meilleur jour | Créneau ou signal |
|---|---|---|
| Taux d’ouverture | Mardi | 20h (59 % d’ouvertures) |
| Taux de clic | Jeudi | Après-midi |
| Conversion / vente | Vendredi ou dimanche | En fin de semaine |
Le mardi reste le meilleur jour pour les ouvertures. Mais si vous voulez des clics, envoyez le jeudi. Si vous voulez des ventes, le vendredi ou le dimanche travaillent mieux.
Le dimanche surprend souvent. L’inbox est moins encombrée. Le lecteur est en mode détente, pas en mode tri. Il lit différemment.
Le 1er du mois et 20h : deux données contre-intuitives
Première surprise : le meilleur jour du mois pour l’engagement email est le 1er. Pas le 15. Pas un mercredi arbitraire en milieu de période.
Probablement parce que les abonnés ont l’habitude de repartir à zéro en début de mois. Leur attention est plus haute. Leur inbox souvent moins saturée.
Deuxième surprise : le pic à 20h. L’instinct marketing dit d’envoyer pendant les heures de bureau. Les données disent autre chose. Le soir, les gens ont du temps. Ils lisent sur mobile, sans pression. Ils ne trient pas : ils consomment.
Ce que votre secteur change à l’équation
Les moyennes cachent des réalités très différentes selon le secteur.
Un email B2B envoyé le dimanche soir sera lu lundi matin au réveil, souvent en premier dans l’inbox. Un email e-commerce envoyé le vendredi touche une audience qui a déjà mentalement commencé son week-end.
Un email d’automation post-achat n’a pas de bon moment universel : il doit partir dans les 30 à 60 minutes suivant l’achat, quel que soit le jour.
Le bon moment dépend du type d’email, du profil de votre lecteur et de ce que vous voulez qu’il fasse. Ce ne sont pas les mêmes réponses pour une newsletter B2B et une promo flash e-commerce.
Comment trouver votre propre créneau optimal
Les données Omnisend sont un point de départ. Pas une vérité absolue.
Votre liste est unique. Vos abonnés ont leurs propres habitudes. Ce qui fonctionne pour un média B2C français ne fonctionne pas pour une SaaS B2B internationale.
La méthode concrète pour identifier votre créneau :
- Divisez votre liste en 3 ou 4 segments égaux.
- Envoyez le même email à des heures différentes sur 4 à 6 semaines.
- Mesurez séparément les taux d’ouverture, de clic et de conversion.
- Identifiez quel créneau gagne sur votre objectif principal.
Ce test prend du temps. Mais il remplace une intuition générique par une donnée qui vous appartient.
L’erreur que font les plateformes d’envoi automatisé
La plupart des outils comme Mailchimp, Brevo ou Klaviyo proposent une fonction « envoi au meilleur moment ». Elle utilise des données agrégées pour prédire quand votre abonné est le plus susceptible d’ouvrir.
C’est mieux que d’envoyer au hasard. Ce n’est pas suffisant.
Ces algorithmes optimisent pour l’ouverture, pas pour la conversion. Et ils partagent leurs recommandations avec des millions d’autres utilisateurs. Résultat : tout le monde se retrouve dans le même créneau « optimal ».
L’optimisation automatique du timing email est un outil parmi d’autres. Pas une stratégie.
Le timing ne sauve pas un mauvais email
Vous pouvez envoyer au meilleur moment et rater quand même. Le timing ne compense pas un objet d’email faible, une offre peu convaincante ou une liste mal segmentée.
Le moment idéal ne crée pas l’envie de lire. Il réduit les obstacles à l’ouverture.
Un email puissant envoyé à 14h un mercredi battra toujours un email médiocre envoyé à 20h le mardi. Le timing est un levier. Pas le moteur.
Identifiez votre objectif pour chaque campagne. Choisissez le créneau qui correspond à cet objectif. Testez sur votre propre audience.
La question n’est pas « quel est le meilleur moment pour envoyer un email ». La question est : quel moment, pour quel email, vers quel lecteur, avec quel objectif ?
Répondre à ça avec précision, c’est ce qui sépare une stratégie email marketing qui génère des revenus d’une série d’envois qui génère des statistiques.
Et si votre prochain email part à 20h le mardi, vous serez peut-être surpris. Ou peut-être pas. Ça dépend de ce que vous mesurez.




